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"I need a woman ! Please, have sex with me!"



Blue Rita (Martine Fléty) est la patronne d'un cabaret Parisien. En plus de proposer des spectacles cochons, l'établissement travaille pour une organisation secrète en participant à l'enlèvement d'espions.
Les danseuses se chargent d'aguicher la victime, de l'emmener dans un appartement et de lui prodiguer diverses faveurs sexuelles. A la fin du coït, un gaz emplit la chambre. Le pauvre homme se réveille alors dans une fosse, le corps recouvert d'une étrange mixture verte.
Cette potion s'avère être un puissant aphrodisiaque décuplant les désirs sexuels. Le malheureux doit alors répondre à un horrible chantage. En échange de ses aveux, il pourra passer du bon temps avec l'une de ses geôlières...
La méthode est utilisée sur Janosch (Eric Falk), un homme soupçonné d'être un espion travaillant pour le compte de la RDA.
Dans son malheur, il va rencontrer Sun (Dagmar Bürger), une jeune danseuse du cabaret, qui va tout faire pour l'aider à s'échapper.
Mais tout ce petit monde cache forcément quelque chose...





- Malgré le caractère et les images "soft" du film, il a été distribué sous le label X en France. Néanmoins, un rédacteur d'Ecran 78 évoque, dans le n°65, que "les scènes hard ne semblent interesser le réalisateur que de façon médiocre" ce qui laisse planer un doute sur une eventuelle version hard.
(SRC: Dictionnaire de films français érotique et porno / Cinérotica n°3)
- Jacques Zimmer dit dans la saison cinématographique 78 (n°332):
"Très rétro, cet érotique "soft", nous ramène avec ses espions en provenance de l'Est, son fétichisme du cuir noir, le surréalisme des dialogues, le hiérarchisme des modèles nus, le caractère totalement abscon du scénario quelques quinzaines d'années en arrière.
Il est vrai que Jess Franco fut est reste le Robe-Grillet du midi-minuit. On aurait cependant tort de trop en rire: Blue Rita véhicule d'assez tristes relants de fascisme ordinaire."
Comme le disais Moutier dans son "Monster Bis", Franco a du beaucoup s'amuser en lisant ça!
-Le détective Tanner est de nouveau présent sous les traits de Henri Guégan.
- Les différents titres :
Le cabaret des filles perverses,
Das Frauenhaus,
Claire... dove scivola scivola





Un film différent...
Blue Rita symbolise l'apogée de la collaboration du réalisateur espagnol avec le producteur Suisse Erwin C.Dietrich. Dans la forme le film perd totalement les tics visuels du réalisateur. Zooms proscrits, flous bannis, la vision de l'érotisme en est totalement transformée. Alors que 5 ans plus tôt, Franco se permettait de filmer pendant 4min le sexe de Britt Nichols dans les Démons, il change ici totalement son fusil d'épaule. Le film s'apparente plus aux productions érotiques conventionnelles de Dietrich.
Néanmoins, le réalisateur espagnol compense et nous offre ici un film très coloré. Chaque décor dégage une atmosphère unique. De la très froide chambre de passe, toute blanche et meublée de mobilier gonflable au terrible cachot vert et rouge en passant par le cabaret (très cheap) teinté de reflets bleus et roses, Franco s'amuse avec les couleurs et une fois de plus, expérimente de nouvelles formes de mise en scène.
Le design, les décors et les costumes donnent aux films des allures de SF rétro, un peu ringarde mais touchante. Les bottes en aluminium, les gyrophares, les masques à gaz sont des accessoires spécifique d'une certaine idée du futur typiquement 70's.
L'histoire...
L'histoire, pour sa part, se déroule sous fond de guerre froide et d'espionnage. La paranoïa ambiante est évoquée lorsque Bergen annonce à Rita qu'un traitre se cache dans son organisation. Les soupçons gagnent les esprits et la pauvre Gina, lesbienne dégoutée des hommes, en fera les frais.
Comme à son habitude, Franco donne aux femmes le rôle dominant. Ces amazones modernes assujettissent les hommes à leur pouvoir en utilisant leur libido croissante. Rita pour sa part évoque son expérience douloureuse avec les hommes. Pénétrée par une barre de métal en fusion, elle est obligée de recourir à un traitement spécial, reconstructeur de cellules. Une épreuve qui donne au personnage un peu d'humanité et qui explique son sadisme profond envers les hommes.




Le casting...
Mis à part le duo Guy Delorme / Pamela Stanford (que l'on retrouvera dans Lorna l'exorciste) et l'incontournable Olivier Mathot, le casting est particulièrement obscur.
On peut tout de même retrouver ces comédiens dans d'autres productions Franco ou Dietrich:
Martine Fléty s'adonnera aux cochonneries buccales de Cocktail Spécial et d'Elles font tout.
Le nom de l'interprète de Sun est victime d'une confusion relayé par le net. Je pense, pour ma part, qu'il s'agit de Dagmar Bürger et non de Betty Laure. L'actrice était déjà présente dans Frauen ohne Unschuld et interprétait le rôle de Gabi.
Eric Falk, quand à lui, est l'armoire à glace qui se faisait botter les fesses par une jolie blonde dans Island Women.
On peut regretter la présence trop courte de Pamela Stanford. C'est d'ailleurs son avant-dernier film avec Franco. (Elle rempile en 1980 pour Mondo Cannibale).
Olivier Mathot nous régale avec sa prestation surprenante lors de ses deux rapports sexuels.
La musique...
La musique est, à l'image du film, rythmée et enivrante. Du jazz, fidèle à l'ambiance du cabaret. Les nombreux morceaux mériteraient presque une petite édition. Notons qu'Edgard Baltzer évoque (dans le dico des longs métrages français érotiques et porno) que l'un des morceaux est emprunté à la BO du Sexe qui parle de Fréderic Lansac (1975). Mais c'est uniquement la copie Française de Blue Rita, qui nous présente l'enlèvement d'Olivier Mathot rythmé par la musique de la scéne de bain de Pénelope Lamour.
Pour conclure...
Il s'agit bien évidemment d'une nouvelle pièce maitresse de la filmo de Franco. La nouveauté formelle fait de ce film une petite œuvre à part. Néanmoins, la touche Franquienne reste très présente, à l'image de ce petit pic à l'église glissé dans les aveux d'Olivier Mathot, confessant appartenir à une organisation répondant au nom "d'imagerie religieuse du Vatican". Un peu malvenu de la part d'un amateur de cabaret et de prostituées.
A classer de toute urgence entre sa Francothèque et sa Dietrichothèque!
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