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"Nous allons t'initier, Eugénie, à ce à quoi le Marquis a donné son nom"
Dolmance, annonçant le programme des réjouissances.


Eugenie, The story of her journey into perversion retrace, comme son titre l'indique, le voyage pédagogique d'une jeune ingénue (Marie Liljedahl) dans les abîmes de la corruption et du sadisme.
Mistival (Paul Muller), son père, entretient une relation avec Madame de Saint-Ange (Maria Rohm). Aveuglé par l'amour, il accepte de lui confier sa fille pour le temps d'un week-end.
Entre les mains de Mme de Saint-Ange et de son demi-frère et amant Mirvel (Jack Taylor), elle va être manipulée et amenée à connaitre les joies de l'alcool, du saphisme, de la torture et du meurtre.
Aucune perversions ne lui sont épargnées, et Eugénie se laisse porter au gré des nouvelles expériences. Son état constant de rêverie l'aide à accepter la confusion de souffrance et de plaisir si chère au Marquis de Sade.
Lors de ses errances nocturnes, elle fera la connaissance d'un étrange groupe de personnes emmené par Dolmance (Christopher Lee) prêt à participer à toutes les débauches en compagnie de la jeune fille.
Le film évolue graduellement vers la folie pure et Eugénie prendra, petit à petit , goût aux choses du sadisme.





- Les inassouvies est une adaptation contemporaine de "La philosophie dans le boudoir" du Marquis de Sade.
- Franco à eu beaucoup de mal à trouver un acteur acceptant de jouer dans une adaptation du Marquis de Sade.
- Le rôle de Dolmance devait échoir à Bernard Peters. Mais 15 jours avant le début du tournage, ce dernier se tue dans un crash d'avion.
Harry Alan Towers est parti en catastrophe à Londres convaincre Christopher Lee de jouer dans le film.
- Marie Liljedahl à accepté le rôle grâce à la présence de Christopher Lee qui l'a rassurée sur la nature du film.
- Christopher Lee refusait de jouer la moindre scène érotique, il refusait même d'embrasser quiconque.
A la sortie du film, il s'est dit choqué d'être à l'affiche d'un softcore. Ses plans auraient été montés sur les scènes érotiques sans qu'il le sache.
- Le film à été tourné en 3 semaines dans le sud de l'Espagne (Murcia) puis dans les studios Alcazar à Barcelone.
- A sa sortie, les Inassouvies eu énormément de succès.
- Les différents titres :
Eugénie,
De Sade 70,
Die Jungfrau und die Peitsche,
Eugenie, the Story of Her Journey Into Perversion,
La Isla de la muerte,
Philosophy in the Boudoir,
Wildkatze,




Les inassouvies est l'un des films préféré de son auteur. Il fait partie, au même titre que Vampyros Lesbos, de la période Psyché-Pop-LSD de l'espagnol fou.
Avec ce film, Franco adapte le Marquis de Sade pour la deuxième fois (après Marquis de Sade's Justine). Et c'est clairement dans cet univers qu'il s'avère être le meilleur.
La note d'intention...
Dans le documentaire accompagnant le film (sur le DVD Blue Underground), Jesus avoue ne pas avoir voulu tourner le film à des fins branlulatoires. Ainsi, il n'était pas question que l'histoire décadente d'Eugénie soit un X, mais tout au plus un softcore.
Le scénario, auto-confié au producteur Harry Alan Towers va dans ce sens et permet à Franco de plonger son film dans une atmosphère très étrange. Une atmosphère de rêverie, et de visions hallucinatoires ancrées dans son époque.
Bien qu'il soit assez sage, le film aborde les pires débauches tout en suggestion.
Totalement décadent...
Tout d'abord la relation incestueuse entre Mme de Saint-Ange et Mirvel donne le ton.
Ensuite, c'est l'âge ambigu d'Eugénie qui trouble.
Marie Liljdahl (pourtant majeure à l'époque) à probablement été choisie pour son physique de petite fille.
Et le programme du week-end décadent est composé d'autres petits amusements.
Ainsi, Eugénie abordera les joies de l'homosexualité, sans trop de peine. (Un plaisir qui n'était pas partagé par l'actrice, avouant avoir été très mal à l'aise dans ces scènes.)
Frappée, fouettée, étranglée, elle découvre l'ivresse du sadomasochisme grâce au couple diabolique et a Dolmance. Des moments moins agréables pour la jeune fille, mais une broutille face aux horreurs qui l'attendent.




Ainsi, les Inassouvies s'avère être une histoire parfaite pour Franco, toujours prompt à mettre en scènes les perversions de l'humanité.
Il ira même très loin, puisque après avoir permis à Eugénie de ranger sa vertu au placard, il l'entrainera à transgresser le tabou ultime: le cannibalisme.
En la voyant arracher le cœur de Mme de Saint-Ange à mains nus et le porter à sa bouche, on l'imagine prête à commettre l'acte le plus répréhensible de notre société.
Mais la jeune fille ne s'y livrera pas, préférant jeter l'organe encore chaud sur la moquette du salon.
Le final...
Le film se termine sur la fuite, au petit matin, d'une Eugénie désespérée, poussée à bout mais plus que jamais motivée à abandonner les lieux du crime. Elle croise sur son chemin des témoignages de meurtres passés (un cimetière que l'on imagine rempli de jeunes Eugénie) pour, enfin s'écrouler de réconfort en entendant les sirènes de police percer le lointain brouillard.
Un final qui rappelle terriblement celui du Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper (1974).
Une comparaison qui me semble pertinente si l'on exclu l'étrange flashback que Franco à cru bon de placer en guise d'épilogue aux Inassouvies.
Un reproche ?
Ce flashback mis à part, on peut reprocher au film l'étrange interprétation de Marie Liljedahl, parfois habitée par son rôle, parfois totalement blasée voire même dégoutée, particulièrement lors de son initiation saphique avec Maria Rohm.
Ensuite le score de Bruno Nicolai, parfait comme d'habitude, mais peut-être trop éloigné de l'atmosphère onirique du film.
Quoi qu'il en soit, ces deux reproches mineurs ne m'empêcheront pas de vous recommander ce film avec l'enthousiasme du pervers heureux.
A ranger dans sa Sadothèque auprès d'Eugénie, Storia de una perversion (1980).
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