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Justine (Romina Power) et Juliette (Maria Rohm) sont deux soeurs, à priori que tout oppose. La première est pure et vertueuse, la seconde est beaucoup plus insouciante et prompt à jouir des plaisirs de la vie.
Leur éducation à été confiée aux religieuses d'un couvent. Mais alors que leur père s'enfuit et que leur mère meurt de chagrin, les jeunes filles se retrouvent sans argent et sont donc mise à la porte du lieu saint.
Une première désillusion pour Juliette, qui voit ici la véritable nature de l'institution catholique, toujours prête à aider son prochain moyennant finances uniquement.
Qu'à cela ne tienne, Juliette entraine Justine dans un bordel et lui propose de commencer, avec elle, une nouvelle vie de corruption.
Mais, dégoutée par le train de vie des prostituées, Justine choisie de quitter sa soeur afin de suivre une voie différente.
Ainsi, les "infortunes de la vertu" nous conte les aventures de Justine après cette séparation.
Entourée de brigands, de maqueraux et de meurtriers, elle sera tentée maintes fois de commettre crimes et délits en tout genre dans l'espoir d'une vie meilleure.
Justine sera volée, violée, torturée, condamnée, humiliée et trahie mais ne cédera jamais au vice.
Elle découvrira à l'occasion, la réalité d'un monde dans lequel noblesse et clergé (surtout le clergé) peuvent aussi flirter avec le libertinage, la luxure et le meurtre !
Et alors que Juliette mène la belle vie en commettant crimes de chair et de sang, Justine s'interroge sur les véritables bienfaits de la vertu.
La morale de l'histoire, et c'est là que le bât blesse, est tout à fait différente du récit original. Et ce point important sera développé un peu plus bas.

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- Le film est une adaptation relativement fidèle des "Infortunes de la vertu" du Marquis de Sade.
- Le rôle de Justine devait échoir à Rosemary Dexter. Malheureusement, Romina Power, âgée de 17 ans et fille de l'acteur Tyrone Power, a été imposée par les financiers.
Jesus Franco ne s'en est toujours pas remis. Il considère que le personnage de Justine en a été totalement bouleversé. D'une fille naïve mais complexe, Justine serait devenu, sous les traits de Romina Power, une cruche sans caractère. Franco a dit à ce sujet "C'est comme si je faisais Bambi 2"
- Franco a tout d'abord pensé à Orson Welles pour le rôle de Sade. Celui-ci aurait décliné en raison des séquences érotiques.
- Klaus Kinski ne savait pas qu'il jouait le rôle de Sade. A la sortie du film, il était furieux contre Harry Alan Towers.
- Jack Palance était très souvent saoul durant le tournage.
- Mercedes Mccambridge, qui interprète la Dusbois, était la voix du démon dans L'exorciste de William Friedkin.
- Le film a été tourné en 7 semaines.
- Avec un budget d'un millions de dollars, Marquis de Sade: Justine est la plus grosse production que Franco ait eu l'occasion de tourner.
- Les financiers Espagnols ont été obligés de se retirer du projet, en raison de la censure.
- Il y avait presque cent décors pour le film.
- Certaines scènes sont tournées dans les célèbres bâtiments d'Antonio Gaudi du parc Güell de Barcelone. Une architecture anachronique qui valu des problèmes à Harry Alan Towers, puisqu'il s'agissait là d'une preuve que le film avait été tourné en Espagne (qui était, rappelons le une nouvelle fois, sous le régime sévère du dictateur Franco.)
- Les différents titres:
Justine,
Deadly sanctuary,
Les deux beautés,
Justine and juliet,
Santuario mortal,
Les infortunes de la vertu
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Un peu de culture...
Avant toutes choses, il est bon de rappeler que les aventures de Justine ont été relatées par le Marquis de Sade dans trois ouvrages différents (chaque fois plus complets et plus précis). "Les infortunes de la vertu" est un premier essai sur l'histoire catastrophique de Justine. (118 pages chez la pléiade). Suivront "Justine ou les Malheurs de la vertu" (259 pages) et "La nouvelle Justine" (705 pages).
La différence entre ces trois livres, réside dans le vocabulaire utilisé (de plus en plus grossier), dans la précision du récit (de plus en plus détaillé) et dans le point de vue du narrateur. En effet, alors que Justine nous conte son histoire dans les deux premiers livres, c'est un narrateur objectif qui prend la parole dans le troisième.
Simplifié de façon à tenir sur 120min de métrage, Marquis de Sade: Justine est une adaptation du premier des trois livres. Pourtant, Franco choisi de relater les événements par l'intermédiaire du Marquis de Sade en personne (Klaus Kinski).
Un happy-end ?
Franco dispose, ici, d'un récit qui lui sied à ravir. "Les Infortunes de la vertu" du Marquis de Sade aborde une majorité de thèmes chers au margoulin espagnol et il y avait là une belle occasion pour le réalisateur de dire, une fois de plus, tout le bien qu'il pensait de l'église catholique, des censeurs et de la gente pudibonde.
Pour cela, le réalisateur disposait d'un casting formidable, d'un budget décent (1 000 000$) et par conséquence d'un plan de travail plus étalé (7 semaines de tournage tout de même).
Malheureusement, le script idiot d'Harry Alan Towers dénature quelque peu l'œuvre de Sade en achevant le film sur un étrange happy-end.
Alors que Justine finissait foudroyée dans le conte de Sade, Towers a cru bon d'intégrer un final heureux pour la jeune fille, et d'en rajouter en nous apprenant que, malgré tout, Juliette la libertine est malheureuse (parce qu'elle n'a pas la bonté de l'âme et gnagnagni gnagnagna)

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Les bons points...
Le film reste, tout de même, passionnant de bout en bout et on pourra, sans hésiter, le placer dans le haut du panier.
Romina Power, qui n'était pas le premier choix de Franco, fait une petite vierge plutôt convaincante. Mais c'est la flopée de personnages qui gravitent autour d'elle qui sont le point fort du film.
Du Harpin, De Buisson, la Dusbois, les Bressac, Juliette et même Sade donnent au film des allures de fresque épique.
Les passages dans le cachot coloré du marquis n'enrichissent guère l'intrigue. Néanmoins ces séquences nous permettront d'apprécier un Klaus Kinski au meilleur de sa forme, improvisant au milieu de corps nues la folie de l'écrivain. Un tableau très Franquien, vain mais splendide !
Pour sa part, Akim Tamiroff, très certainement volé à Orson Welles, incarne un Du Harpin curieux mais amusant. De la même façon, Jack Palance, interprète, avec peu de retenu, le moine fou Antonin et nous épate par sa prestation extravagante (En témoigne cette scène, dans laquelle, immobile comme une statue de cire, il glisse sur un travelling le regard fixe. Une séquence surréaliste, qui selon Franco, aurait convaincu Palance de jouer dans le film).
Enfin, évoquons Howard Vernon et sa perruque étrange, qui semble, lui aussi, habité par son rôle de moine pervers.
Il est alors fondamental, d'admettre que cette galerie d'acteurs, s'agitant autour de la jeune ingénue, est bel et bien l'atout majeur du film.
La musique...
On ne peut évidemment parler de ce film sans évoquer le score luxueux et enivrant de Bruno Nicolai qui prouve, une fois de plus, son grand talent à travers un thème parfois redondant mais jamais pénible. Précisons que moyennant quelques dinars, vous pourrez trouver l'OST dans plusieurs éditions !
En bref...
La grosse production (casting, décors, costume et lumière) n'est pas forcément un atout pour Franco. Mais le réalisateur se débrouille bien avec son budget et nous offre un film très beau, s'achevant sur une note modérée au vu de cette triste fin, frustrante de la part du réalisateur.
A apprécier en se fouettant la verge avec une botte d'orties.
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