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"Comment pourrais-je discuter avec vous, alors que j'ignore tout des plus élémentaires rapports qui peuvent exister entre un homme et une femme ?"



Après une année d'enfermement dans une clinique psychiatrique, Martine de Bressac (Alice Arno) peut enfin retrouver son manoir familial et Charles (Robert Woods), son mari aimant.
C'est aussi, pour elle, le grand retour aux perversions qui furent la cause de sa détention. La jeune femme et son mari sont tous deux adeptes de turpitudes sexuelles en tout genre. Pour satisfaire leurs envies, ils aiment faire participer une 3ème personne.
Ainsi, les Bressac partent, rapidement, à la recherche d'une jeune victime honnête et vertueuse.
Très vite repérée, Cécile (Tania Busselier) semble tout à fait correspondre aux goûts du couple diabolique. Après quelques négociations avec les parents, la jeune fille est invitée à passer quelques temps au manoir.
Cécile, très prude, ne sait pas encore que le couple lui prépare une initiation aux plaisirs de la chair.
Accompagnés d'Adèle (Lina Romay), leur fidèle esclave, Les Bressac lui apprendront la notion de vice à travers des petits jeux érotiques qui la transformeront à tout jamais.
Mais le manoir renferme d'autres secrets inavouables. La cave est pleine de corps momifiés, quand à Charles, il semble plus que jamais intéressé par l'héritage de sa femme.



- Plaisir à trois est une adaptation de "La philosophie dans le boudoir", déjà modernisé par Franco dans les Inassouvies.
- Au départ, le titre du projet était: "les Inassouvies n°2"
- Il s'agit de la première apparition de Lina Romay dans un film de Franco. Quelques mois plus tôt, elle avait joué dans Relax Baby, malheureusement, le film n'est jamais sorti.
- Le co-scénariste du film est Alain Petit.
- Plaisir à trois sort en France le 19 Juin 1974
- L'un des titres d'exploitation est Outre-tombe, c'est aussi l'un des titres du Miroir Obscène.
- Il s'agit de la cinquième adaptation de Sade par Franco, après Marquis de Sade: Justine (1969), Juliette (1969) (film inachevé, suite à la mort de Soledad Miranda), Eugénie de Sade (tourné en 1969 mais sorti en 1975) et Les inassouvies (1970).
- La musique du strip-tease d'Alice Arno semble avoir été composé par Jean-Bernard Raiteux (peut-être tirée d'un autre film?- A vérifier)
- Les différents titres :
How to seduce a virgin,
Les inassouvies n°2,
Outre-tombe,
Ultra Tumba,



Pour sa cinquième adaptation de Sade, Franco modernise un titre qu'il avait déja adapté dans les Inassouvies.
La "philosophie dans le boudoir" raconte l'initiation aux perversions d'une jeune fille candide.
Ici le récit est quelque peu modifiée et la demoiselle n'est plus l'ingénue que l'on croit.
Très frustrée par les interdits parentaux, Cécile prend plaisir à se masturber, et alors que Martine de Bressac lui propose d'entrer dans son bain, la jeune fille n'y voit pas d'inconvénient.
Dans Les Inassouvies, la même séquence entre Marie Liljedahl et Maria Röhm a pour finalité d'évoquer la naïveté et la candeur d'Eugénie. Dans Plaisir à trois, Cécile prend tout de suite beaucoup de plaisirs aux carresses de Martine de Bressac. Une différence de comportement qui trahie les véritables intentions de Cécile et on comprend bien vite que Franco s'est permis de modifier quelque peu le récit original. La fin du film, assez innatendue, s'avère ainsi totalement perverse et véritablement digne de l'esprit Sadien.


Pourtant, le film laisse un petit gout d'inachevé. Les perversions annoncées n'étant guère cruelles et tout à fait convenues.
En témoigne la scène du petit jeu, dans lequel chacun se soumet tour à tour aux autres, et dont on peut regretter la retenue des gages. Strip-tease, simulation, onanisme et saphisme n'apportant rien de bien nouveau à l'oeuvre de Franco. Il est dommage que le réalisateur ne se soit pas plus étendu sur les mystères de la cave, cachant, très certainement, les véritables plaisirs d'ordre sadiens.
Mais Plaisir à trois reste un bon film, doté d'un très bon scénario, terriblement érotique et surprenant.
C'est aussi l'occasion de revoir Alice Arno, dont il s'agit de la dernière collaboration avec Franco dans la période début-70 (il faudra attendre 2 ans pour la revoir dans Les nuits brûlantes de Linda). De plus, le couple formé avec Robert Woods, s'avère très intéressant.
Pour sa part, la jeune Lina Romay procure au personnage de la soubrette muette une fraicheur et un charme étrange sans doute dû à son handicap. En effet, son igorance des notions de vice et de pureté donne des allures d'ingénue au personnage.
Quand à Tania Busselier, c'est très clairement son meilleur rôle chez Franco. Terriblement belle, et troublante, on aurait aimé la voir plus souvent dans la filmographie du réalisateur espagnol. Il est bon de noter que la toison pubienne de la jeune fille semble être la plus "fournie" des années 70.
Notons aussi la présence d'Alfred Baillou, un nain abonné aux rôles de nain, qui a traversé les époques en apparaissant dans des films d'André Hunnebelle, de Claude Autant-Lara ou encore de Max Pécas.
Un dernier mot essentiel pour vous déconseiller la VF, terriblement mauvaise, particulièrement lors de la scène dans laquelle Alice Arno et Robert Woods se masturbe mutuellement en observant Tania s'adonner aux plaisirs de l'onanisme.
Un film à classer entre Les Inassouvies et Eugenie (Historia de una perversion), la troisième adaptation de "La philosophie..." par Franco.
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